Anne Frank n'aurait pas été dénoncée

Anne Frank n'aurait pas été dénoncée

Qui a dénoncé la famille d’Anne Frank et leurs amis ? On croyait qu’un appel anonyme était à l’origine de la découverte de l’appartement secret. Or une enquête a révélé que la perquisition de l'immeuble où se cachait la famille juive serait liée au trafic de tickets de rationnement et au travail illégal.

Cette hypothèse permet d’envisager « d’autres scénarios », selon Ronald Leopold, directeur exécutif du Musée de la Maison Anne Frank. Des documents inédits et des notes du Journal de mars 1944 ont ainsi orienté les recherches vers l’analyse d’archives policières et judiciaires.
Le rapport du Musée de la maison Anne Frank, qui vient de paraître,  souligne des incohérences quant à la piste de la trahison. Notamment, il indique que la traque des juifs cachés ne relevait pas des attributions principales de l’officier SS Karl Joseph Siberbauer, qui a mené le raid le 4 août 1944 au Prinsengracht 263. Toutefois, Otto Frank, le père d’Anne, seul rescapé de la famille du camp de concentration d’Auschwitz, était lui-même certain d’avoir été victime d’une dénonciation et mena sa propre enquête.
Durant la Seconde Guerre mondiale, un quart des juifs néerlandais déportés avaient été arrêtés suite à dénonciation d’un voisin. La piste de la trahison semblait la plus probable.  Ainsi, le nom de Van Maaren, premier suspect inquiété par la justice, sans que sa culpabilité ne soit jamais prouvée, continua d’être relié dans les esprits à l’arrestation d’Anne Frank. Pourtant, David Barnouw et Gerrold van der Stroom du NIWD, Institut néerlandais de documents sur la guerre, avait établi en 2003 que la mise en cause de suspects, dont Van Maaren, ne résistait pas à une étude minutieuse des faits. D’autres suspects furent mentionnés par la suite, continuant d’alimenter la théorie, sans qu’aucun d’eux soit jamais convaincu de délation.