Des bulles opaques dans les comptes de Jacques Glénat

Des bulles opaques dans les comptes de Jacques Glénat

L’affaire Panama Papers résonne depuis ce début de semaine dans les oreilles de tous les citoyens d’Europe et du Monde. À chaque nouvelle journée son lot de découvertes ; même l’édition est touchée avec la citation du nom de l’éditeur de bande dessinée Jacques Glénat.

Après une enquête secrète qui a duré plus d’un an, le Consortium International des Journalistes d’Investigation (ICIJ), dont le quotidien Le Monde et une centaine de rédactions réparties dans 76 pays ont dévoilé une liste de personnes, d’entreprises, d’institutions et de responsables politiques mêlés à des montages financiers offshores opaques destinés à dissimuler des actifs.

On voit apparaître aux côtés du fantastique cinéaste espagnol Pedro Almodóvar et de son frère cadet, un certain français, Jacques Glénat. Le grand nom de l’édition française d’origine grenobloise a été cité cette semaine. Le président de la maison a fait fortune grâce à la bande dessinée, et est réputé pour sa grande maîtrise des affaires, notamment son pointillisme en matière de contrat avec ses auteurs.

En 2009, il avait créé la société Getway S.A., sous le soleil des Seychelles. Cette dernière a accumulé quelques quatre millions d’euros ainsi que de nombreuses œuvres d’art, dont des tableaux de Bruegel le jeune, Corot, Cranach, Fantin-Latour…

Malheureusement pour l’éditeur, en janvier 2014, les îles Vierges Britanniques imposent la transparence, suite à une réforme concernant les noms des actionnaires des sociétés qui doivent désormais apparaître dans les contrats. Mais Jacques Glénat et ses représentants luxembourgeois semblent préférer l’anonymat. Le PDG de la maison d’édition décide finalement de fermer Getway S.A. au mois de mai 2014.

L’éditeur a réalisé une donation légale à ses enfants en leur donnant les tableaux de grands maîtres de la peinture, avant de liquider la corporation en novembre 2014.

« Amalgame scandaleux », a déclaré Jacques Glénat qui a nié tout en bloc. Il ne souhaite pas être considéré comme les autres acteurs de cette affaire qui, dans l’ombre, ont caché au fisc des centaines de millions d’euros. Rappelons que Getway S.A. n’a récolté « que quatre millions d’euros » et quelques « vieux tableaux ».

Amélie Cooper

Photo : Jacques Glénat © Jean Luc VALLET/Opale/Leemage