Mario Vargas Llosa : le Nobel n’échappe pas aux Panama Papers

Mario Vargas Llosa : le Nobel n’échappe pas aux Panama Papers

L’écrivain péruvien Mario Vargas Llosa, qui a fêté ses 80 ans cette année, était interviewé par Patrick Cohen mercredi matin sur France Inter, juste avant que le quotidien espagnol El País ne révèle son implication dans les Panama Papers. Il affirmait au journaliste français qu’il fallait respecter la loi mais qu'il comprenait «qu’elle soit transgressée puisqu’elle pousse à la transgression».

L’auteur d’Un héros discret  aurait eu un compte dans les Iles Vierges avec la société Taloma Services Corp. en 2010, à son nom et celui de son ancienne épouse Patricia Llosa. « Je fus surpris, parce que je ne savais même pas que pendant cinq semaines on avait ouvert un compte à mon nom et à celui de ma femme », a déclaré à El Pais l’écrivain. Il a assuré qu’il ignorait tout de ce compte et qu’il «n’a jamais versé un dollar dans cette entreprise». Son agence Carmen Balcells maintient qu’il n’aurait jamais eu de compte dans un paradis fiscal et rejette la faute sur un conseiller financier, qui aurait inscrit le nom des deux époux par erreur.

Taloma Services Corp. a été affiliée au nom de Vargas Llosa du 1er septembre au 6 octobre 2010. Le lendemain, l’écrivain recevait son prix Nobel. Le 12 octobre 2010, ce sont deux Russes qui prennent la tête de la compagnie. Les dates sont proches, mais Mario Vargas Llosa affirme que ce serait «une sottise d’associer la disparition de son nom de l’entreprise à sa réception du prix Nobel». Pourtant, la correspondance entre son intermédiaire Dave Marriner, directeur de la société néerlandaise Pan-Invest Management basée à Chypre et au Luxembourg, et les représentants de Mossack Fonseca auraient cessé juste avant que l’écrivain ne reçoive sa récompense.

L’ancien candidat à la présidentielle du Pérou de 1990 dit avoir « été habitué aux coups bas ». Il affirme pourtant à Patrick Cohen que les impôts de certains pays sont comme une «expropriation», et qu’il faut comprendre que «des compagnies, des individus et des familles (qui) essayent de s’échapper de quelque chose qu’ils sentent comme une espèce de menace terrible pour leur avenir».

L’article d’El Pais, révélateur de l’affaire (en espagnol) : http://cultura.elpais.com/cultura/2016/04/06/actualidad/1459943017_418456.html

Amélie Cooper

Photo : Mario Vargas Llosa © Javier Soriano/AFP