À Sète, des voix vives qui résonnent

À Sète, des voix vives qui résonnent

La 19e édition du festival Voix vives se dote pour la première fois d’un thème, « Poésie, chemin de paix ». 

Comme chaque été, la ville de Sète fait place aux poètes et à la musique. Un moment unique durant lequel les rues, les parcs et autres espaces communs sont investis par quelque 60 000 visiteurs qui se rendent dans la ville natale de Paul Valéry pour y découvrir la richesse et la diversité de la poésie méditerranéenne au sens large : on y trouve des auteurs venus d’Afrique et d’Orient, des Balkans et d’Europe latine, ou encore d’Israël et du Kosovo. Plus de 650 rencontres, tables rondes et lectures musicales sont prévues. Et, chaque jour, près de 70 rendez-vous se tiendront en dehors des lieux de culture, au cœur de la ville, ou dans les jardins de ses habitants, en des configurations intimes qui ont fait la réputation du festival. Car, loin de cultiver l’élitisme et l’entre-soi, cette manifestation défend l’idée d’une « poésie accessible, et qui s’adresse à tous ». Comme le confie Maïthé Vallès-Bled, responsable de Voix vives, le festival est avant tout « une manière de réinscrire la poésie dans ce qu’elle est : quelque chose de populaire ».

« Organiser un tel événement, c’est mettre les visiteurs dans les conditions propices à la sérénité, à la rêverie, à la poésie. » De là ces lectures à entendre en barque, ou allongé sur un transat, pour mieux lâcher prise et se laisser emporter par les mots. Ce qui ne signifie pas s’abstraire de tout contexte : bien sûr, ces Voix vives résonnent fort avec l’actualité internationale méditerranéenne, beaucoup moins sereine. De là leur thème tourné vers la paix. Et de là aussi la résolution de son organisatrice : « Quel que soit le contexte géopolitique, nous réunissons tous les poètes venus des quatre Méditerranée. » Cette année, à l’instar du poète palestinien Ghassan Zaqtan, du nobélisable syrien Adonis, ou encore du poète turc Haydar Ergülen, ils seront plus d’une centaine à venir représenter les rivages d’une Méditerranée plurielle. Dans le sillage de Sète, le festival se déplacera le premier week-end de septembre à Tolède, en Espagne, après s’être établi à Gênes les 17 et 18 juin. Ce tour d’horizons poétiques s’achèvera en octobre prochain à Ramallah, en Palestine.

Arthur Montagnon