Dixième bouffée d'AIR à Lyon

Dixième bouffée d'AIR à Lyon

La ville de Lyon accueille les dixièmes Assises Internationales du Roman. Pendant sept jours, le festival abritera quatre-vingt rendez-vous, en compagnie d’une cinquantaine d’intervenants. Pour cette édition-anniversaire, le festival présente une programmation de haut vol, où les grands noms se bousculent. Lundi, il s’ouvrira par un grand entretien avec Russel Banks aux airs de retrouvailles – l’Américain avait déjà assisté aux Assises voilà 10 ans. Il y évoquera les grinçantes nouvelles de son dernier recueil, Un membre permanent de la famille. (éd. Actes Sud ). Le même jour, l'écrivain Charles Dantzig viendra discuter lors d'une rencontre autour de sa dernière oeuvre, Histoire de l'amour et de la haine (éd. Grasset). C'est ensuite un vent froid qui soufflera sur la ville de Lyon, rapporté par le romancier et poète avant-gardiste islandais Eiríkur Örn Norðdahl, qui traite de l'histoire de son pays et de ses liens avec la Seconde Guerre mondiale dans le roman Illska (éd. Métailié). Il sera également présent lors d'une table ronde qui explorera les confins de la littérature et du mal, en compagnie de Cynthia Bond et de Régis Jauffret.

Le mardi, Nathalie Azoulai se rendra à la médiathèque Aimé Césaire, afin d'évoquer son sixième roman, Titus n'aimait pas Bérénice (éd. P.O.L, et prix Médicis 2015), où s'entremêlent la dramaturgie et la vie de Racine, et la fin d'une histoire d'amour. Puis, de l’amour passion, nous passerons aux relations filiales avec un dialogue, samedi 28 mai, qui réunira la romancière suédoise Sara Stridsberg et Christine Angot, auteure l'année dernière d'Un amour impossible (éd. Flammarion, et prix Décembre 2015), roman de réconciliation avec la figure maternelle.

Qu’est-ce qu’un portrait littéraire ? Lydie Salvayre, avec Christophe Boltanski et Stefan Hertmans évoqueront cet art lors d'une table ronde le 26. De même, le parcours compliqué de la création sera décrit par Eshkol Nevo et Delphine de Vigan. Notons également la rencontre avec le philosophe et romancier Tristan Garcia, le 26 mai : ce dernier vient de publier La Vie intense. Une obsession moderne, chez Autrement, où il dépeint la société du spectacle et la notion d'intensité qui fait battre le coeur de ceux qui la constituent, habités par la consommation inexorable d'objets et par la recherche de sensations véritables.

Si le thème de l’exil est une constante de la littérature moderne, c’est qu’il trouve de tristes résonances dans l’actualité. Samar Yazbek, journaliste et écrivaine syrienne, a dû fuir le régime de Bachar el-Assad. Elle évoquera son roman, Les Portes du Néant (éd. Stock), qui dépeint une Syrie en proie à l'ascension du djihadisme. Lui aussi menacé, Boualem Sansal a fait le choix de rester en Algérie et de résister, dénonçant le fanatisme et l'extrémisme quel qu'il soit, notamment par le biais de son nouveau roman, 2084, la fin du monde (éd. Gallimard, et Grand Prix de l'Académie Française 2015).

Zeina Abirached et Mathias Énard (Boussole, éd. Actes Sud) se rendront à un dialogue, le 25 au soir, à propos de «L’Orient d’hier, l’Orient d’aujourd’hui», traitant des liens qui unissent aujourd'hui l’occident et l’orient, loin des préjugés médiatiques.

Assises Internationales du Roman 2016, tarif unique 6€

Le programme complet : http://www.villagillet.net/portail/air/rendez-vous/le-programme/