Après la crise, l’édition mondiale se stabilise

Après la crise, l’édition mondiale se stabilise

Après un affaiblissement temporaire, le secteur de l’édition mondial connaît un mieux général, en misant sur des valeurs sûres comme l’éducation.

Réalisé pour la onzième année consécutive sur la base des chiffres de 2016, le classement mondial du magazine Livres Hebdo révèle une stabilisation du secteur après la crise économique et l’irruption du numérique. Fait remarquable, plusieurs groupes des « BRICS » – Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud –, connaissent une nette consolidation.

La tendance mondiale est au retour aux valeurs sûres. De nombreux groupes misent sur l'édition scolaire et l'enseignement via des outils numériques, comme l’espagnol Santillana, le britannique Pearson (numéro un de l’édition tous secteurs confondus), le russe Eksmo-AST. C’est dans ce secteur que le numérique connaît sa plus forte progression. L’édition généraliste, en revanche, la part du numérique semble se heurter à un plafond et recule légèrement. Celui-ci passe par exemple de 9 à 8 % chez Hachette entre 2015 et 2016.

 

À chaque pays sa spécialité

Sur les 50 premiers groupes d’édition mondiaux en termes de chiffre d’affaire, issus de 14 pays, 7 sont français. Côté français justement, Hachette Livre, sixième groupe d’édition mondial et principal éditeur français, réalise 44 % de son chiffre d’affaires dans la littérature générale, 17 % dans l’éducation, 13 % dans la littérature jeunesse et le livre illustré ; 3 % dans la référence et 11 % dans les fascicules.

Le groupe Madrigall, société mère des éditions Gallimard notamment, se place à la 30ème position. Il possède la majorité de la plateforme de distribution numérique Eden Livres et dispose de plusieurs filiales d’édition et de distribution au Québec.

Les amateurs de mangas, qui représentent 30 % du marché de l’édition, seront heureux d’apprendre que le principal éditeur de mangas au Japon, Shueisha, se hisse à la 16ème place mondiale, avec 754 salariés. Fondé en 1926, il a retrouvé le chemin de la croissance en 2016 après huit ans de recul.

Curiosité historique, l’éditeur universitaire dont la création remonte à l’invention de l’imprimerie au XVe siècle, à savoir le département édition de l’université d’Oxford, est aujourd’hui le 20ème groupe d’édition mondial et présent dans 52 pays. Le numérique représente 22 % de son chiffre d’affaires et réalise plus de 40 % de son activité sur les marchés émergents.

Raphaël Georgy