Des œuvres ukrainiennes qualifiées de « littérature extrémiste » par Moscou

Des œuvres ukrainiennes qualifiées de « littérature extrémiste » par Moscou

Quatre ans de prison avec sursis pour avoir exposé, entre autres, un livre sur la grande famine orchestrée par Staline en Ukraine.

L’ancienne directrice de la bibliothèque de littérature ukrainienne de Moscou, Natalia Charina, vient d’être condamnée pour « dépense excessive de fonds » et « incitation à la haine », après avoir proposé à consultation des livres jugés « extrémistes » par les autorités russes. Parmi les œuvres litigeuses, l’ouvrage d’un journaliste et politologue ukrainien, Dmitri Kartchinski, sur les guerres de l’ex-URSS, ainsi qu’un historique magazine soviétique pour enfants, Barvinok.

Assignée à résidence surveillée depuis un an et demi, la femme de lettres a dénoncé une « affaire politique ». «Il n'y a jamais eu aucun livre extrémiste dans la bibliothèque. Seize d'entre eux ont été déposés exprès afin de créer une affaire », a déploré Natalia Charina, bibliothécaire depuis 35 ans.

Le fonds ukrainien à la bibliothèque de Moscou avait été créé en 1989 à l’initiative du département culture de la capitale russe. Il dispose d’une collection de 25 000 ouvrages ukrainiens. Depuis la révolution de Maïdan et l’annexion de la Crimée en 2014, l’établissement semble dans le viseur des autorités.

Celles-ci ont transféré l'ensemble du fonds de la bibliothèque ukrainienne au nouveau Centre des cultures slaves, le 20 décembre dernier.

Delphine Allaire

Photo: DR