Anne Godard, Une chance folle

Anne Godard, Une chance folle

Sauver sa peau

Magda, ébouillantée quand elle était bébé, raconte son histoire. Marquée à vie par cet accident domestique, elle doit aussi se libérer de l'emprise d'une mère étouffante, partagée entre déni et culpabilité. Pour, enfin, renaître à elle-même.

Jeune fille, objet ou bête ? Magda sort de sa chrysalide. Mais qui est cette créature prenant forme en elle, cette femme à laquelle l'enfant qu'elle était offre l'hospitalité ? Brûlé à neuf mois par une bouilloire, son corps, comme sa conscience, est marqué de stigmates : des cicatrices qui l'« entourent comme un filet », laissant sa peau « fripée et raide, aux lignes tordues comme un linge qu'on aurait essoré ». De cette pellicule striée de plaies suturées, qu'elle voit tour à tour comme une coquille, un cocon, un lambeau ou un papillon, et de l'être qui est à l'intérieur, elle parle comme de « ça » : quelque chose ou quelqu'un qui est elle et qui est quelqu'un d'autre, une forme neutre, ...

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