Susan Rubin Suleiman, La question Némirovsky. Vie, mort et héritage d'une écrivaine juive dans la France du XXe siècle

Susan Rubin Suleiman, La question Némirovsky. Vie, mort et héritage d'une écrivaine juive dans la France du XXe siècle

Assassinée à Auschwitz, l'écrivaine redécouverte avec Suite française a pu sembler rejeter, sinon trahir, sa judéité, y compris aux yeux de ses filles. Convertie au catholicisme, elle apparaît, sous l'Occupation, peu solidaire devant les persécutions de ses semblables et écrit à Pétain pour lui demander un régime de faveur. L'Américaine SUSAN RUBIN SULEIMAN revient sur ce manque de lucidité, en évitant les jugements à l'emporte-pièce.

Oui, il y a bien une « question Némirovsky ». Celle de la judéité d'une écrivaine qui peignit des Juifs sous un jour bien souvent peu sympathique, expression selon certains critiques de la haine de soi, du soi juif de l'écrivaine. Ainsi David Golder, héros éponyme du roman publié en 1929, Juif russe installé en France, obsédé par l'appât du gain, devenu un richissime financier, put-il être perçu comme un stéréotype antisémite. L'ouvrage rencontra un énorme succès qui fit d'Irène Némirovsky, née à Kiev et immigrée en France avec ses parents en 1919, un personnage du Tout-Paris, une écrivaine reconnue, dont la place dans le monde des lettres alors si masculin ne peut être comparée qu'à cell ...

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