À conte d'éditeur

À conte d'éditeur

L'éditeur new-yorkais Jonathan Galassi publie notamment Jonathan Franzen et Jeffrey Eugenides. Il signe lui-même un roman dont le héros est à l'évidence inspiré par son mentor, Roger Straus, éditeur légendaire des années 1950-1980. À travers lui, il s'agit d'évoquer un monde et un artisanat en voie de disparition outre-Atlantique.

Roger Straus gare sa Mercedes décapotable devant le 19, Union Square West et allume un cigare. Il porte une veste en cachemire, un foulard en soie assorti à ses chaussettes couleur lilas. Ses boutons de manchette étincellent dans la lumière matinale. Comme Bénia Krik, le « roi des voleurs » d'Odessa inventé jadis par Isaac Babel, il règne sur un milieu turbulent que fascinent son audace, ses coups de gueule et son énergie : l'édition new-yorkaise. On est au début des années 1980. L'industrialisation de l'édition, métier resté longtemps artisanal, suit son cours. Par le jeu des fusions-acquisitions, des groupes puissants se constituent, avec pour principale ambition de dominer le marché. H ...

Réservé aux abonnés au site
Abonnez-vous au site pour lire l'intégralité de cet article.
Déja abonné ? Identifiez-vous