En notre absence

En notre absence

L'humanité est mortelle, et d'autant plus qu'elle aborde le monde de son seul point de vue. On veut bien l'entendre, mais il n'est pas certain que nous changions pour autant nos modes de pensée et de perception. Dans un livre richement illustré, l'historien d'art THOMAS SCHLESSER donne à voir comment, de la fin du XVIIIe siècle à nos jours, de nombreux artistes ont cherché à envisager « l'univers sans l'homme ».

C'est un désert où le squelette d'un chameau achève de sécher (Le Sahara, Gustave Guillaumet, 1867) ; ou bien l'effondrement obstiné de millions de mètres cubes d'eau, où l'on devine à la fois un vacarme infernal et des particules qui papillonnent partout (Les Chutes du Niagara, Frederic Edwin Church, 1857) ; ou encore un Soleil couchant sur un lac (vers 1840) d'où J. M. W. Turner a effacé les contours pour qu'il n'en reste qu'une fantastique tragédie de couleurs... Au siècle passé, l'histoire de l'art aurait étiqueté ces oeuvres comme des « paysages ». Erreur. Ces pays n'ont rien de sage, et il y a là bien plus qu'une « peinture de genre » parfaitement répertor ...

Réservé aux abonnés au site
Abonnez-vous au site pour lire l'intégralité de cet article.
Déja abonné ? Identifiez-vous