Dante croqué par... Martin Jarrie

Dante croqué par... Martin Jarrie

 

« Toute traduction est inexacte », rappelle René de Ceccatty dans la longue introduction à sa nouvelle version de La Divine Comédie. Il est vrai que toute traduction trahit son original, mais certaines inexactitudes ne manquent pas de justesse. L'ambition de René de Ceccatty est de proposer une traduction de l'oeuvre fondatrice de la littérature italienne sans notes afin que « le nouveau lecteur de Dante perd[e] l'habitude de quitter le texte ». Contraint d'absorber toutes les explications indispensables à notre compréhension, le texte aurait pu enfler drastiquement ; bien au contraire, il a réduit : en élisant l'octosyllabe plutôt que l'hendécasyllabe (onze pieds), l'écrivain et traducteur visait à rendre « le texte plus sautillant, plus dansant », tout en utilisant moins de mots pour se forcer à délester les vers de Dante des « détails inutiles à la compréhension » ou de ceux qui étaient « adoptés pour la rime ». En plus de la « sensibilité poétique » qu'il accorde avec révérence à la traduction que Jacqueline Risset fit dans les années 1980, René de Ceccatty espère avoir trouvé le difficile équilibre entre lyrisme et lisibilité.

LA DIVINE COMÉDIE, Dante, traduit de l'italien par René de Ceccatty, éd. Points, 704 p., 13,90 E.