Philippe Sollers croqué par... Pancho

Philippe Sollers croqué par... Pancho

En Grèce, de nos jours. Le narrateur suit en voyage sa jeune amante Lisa, une pianiste virtuose. Le pays est exsangue, en proie à la «dictature bancaire».

Sur l'île d'Égine - où Platon fut exilé - il entend un coup de tonnerre dans un ciel bleu, sans orage. Le mystère et la raison se mêlent de part en part dans Beauté. Une façon de nous rappeler que les dieux grecs ne nous ont pas quittés. Comme souvent avec Philippe Sollers, on a le sentiment de voir la fiction s'échapper au profit d'une conversation érudite. Il poursuit son voyage dans l'Europe des Lumières avec, à Bordeaux en 1802, Hölderlin, précepteur chassé par la famille de ses élèves. La mère fouille ses affaires et découvre ses poèmes. À quoi pensait ce pauvre garçon en écrivant: «Le Futur brille et nous parle», se demande-t-elle.

Sollers fait un détour par Pindare, Céline, Jean Genet et Bataille. Il tacle gentiment les gros hannetons prétentieux qu'on «rencontre de plus en plus dans le milieu littéraire». Il anticipe les critiques, et assume: l'écriture est comme une partition. «Vous appelez "roman" votre partition, et vous vous moquez franchement de ceux qui vous disent qu'il ne s'agit pas d'un roman.»

BEAUTÉ, Philippe Sollers, éd. Gallimard, 206 p., 16 E.