Dellys, retour au port de l'enfance

Dellys, retour au port de l'enfance

Enfant, on croit grandir dans une bourgade immobile, en Kabylie, et l'on découvre qu'elle est un millefeuille historique, comme toute la Méditerranée. Sous ses lumières étincelantes gisent des civilisations disparues, des décombres et des mémoires.

J'étais encore un minuscule, 11 mois, quand on m'a installé sur le bord de la Méditerranée, à Dellys. Pendant trois ou quatre ans, je me suis pris pour un Méditerranéen de souche. Cette identité me plaisait. Je fréquentais une école primaire qui était dans les hauts de ce petit port de la Basse-Kabylie. Pendant les récréations, j'admirais la mer, elle était comme un gouffre plein de flammes et d'or. Mes camarades étaient des Méditerranéens. Tous les habitants du globe étaient des Méditerranéens. Je mangeais des grenades et des jujubes.

Un épisode tragique vint abîmer les tranquillités de l'enfance : le jour de mon arrivée en classe enfantine, un petit a reçu un caillou dans l'oeil. ...

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