André Malraux, Les Chênes qu'on abat...

André Malraux, Les Chênes qu'on abat...

Quand deux monuments se rencontrent, que voulez-vous qu'ils se disent ? Dans le meilleur des cas ils se taisent, et l'on se souvient de ce que Bernanos racontait de son déjeuner absolument silencieux, face à de Gaulle, à Colombey. À la fin du repas, Bernanos se leva, alla écarter le rideau et dit simplement : « Il pleut. » De Gaulle alors, se levant aussi, dit : « Il pleut. » Parfois, ils bavardent, comme ce fut le cas pour de Gaulle avec Malraux. Lorsqu'ils bavardent de la pluie et du beau temps, seul compte le goût des mots, le sens de la formule. On assiste alors au double soliloque de deux génies qui se détendent, et qui trouvent leur plaisir à faire de belles phrases sur les petits r ...

Réservé aux abonnés au site
Abonnez-vous au site pour lire l'intégralité de cet article.
Déja abonné ? Identifiez-vous