Spinoza : nos existences en puissances

Spinoza : nos existences en puissances

Spinoza n'est pas un professeur de vertu, car il sait que cela est inutile : selon lui, chaque être humain, traversé à son insu par les lois de la nature, s'aveugle sur ses propres mécanismes. Seul horizon : ne pas s'agripper à une identité figée, mais saisir combien notre être est en mouvement et devenir perpétuels.

« Être radical, disait le jeune Marx, c'est prendre les choses à la racine ; et la racine, pour l'homme, c'est l'homme lui-même. » Spinoza aurait (presque) pu le dire aussi. Sa philosophie ne se réduit pas à une anthropologie, mais celle-ci en constitue une grande part et détermine l'essentiel du reste. Une anthropologie qui s'appuie sur trois piliers : une doctrine des affects ; une théorie des aptitudes et des dispositions ; une réorganisation du droit naturel.

De la servitude à la liberté

Pour les philosophes du XVIIe siècle, parler de l'homme, c'est d'abord parler de ses passions : en dresser la liste et déduire les passions dérivées d ...

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