Du poison dans l'eau de rose

Du poison dans l'eau de rose

Il faut un sacré talent pour simuler la médiocrité au risque d'être cru. Nous voici d'abord plongés dans une romance aussi parfaite qu'ennuyeuse : ils sont libres, jeunes, intelligents, riches, beaux... On les soupçonne même d'être télégéniques. On ne lâche pas bizarrement et on se retrouve piégés dans un trompe-l'oeil de haute volée. Il y avait un ver dans la si parfaite corbeille de fruits.

Les romans d'Arnaud Guillon ont tout pour nous déplaire, et pourtant nous n'y résistons pas. Nous comprenons très bien pourquoi ils devraient nous repousser, mais ils n'y parviennent pas, à chaque fois c'est raté : à la fin de l'envoi, nous sommes touchés. Voyons cela de plus près avec ce dernier opus : les personnages sont insupportables, ils sont jeunes, ils sont beaux, ils n'ont pas de problèmes d'argent, libres, en tous les cas plus jeunes, plus beaux, plus riches et plus libres que la plupart de leurs lecteurs, on les soupçonne même d'être télégéniques, par précaution, au cas où l'on voudrait les inviter « Sous le soleil ». Exactement.

Prenez Ninon, une liane aux yeux verts et ...

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