Journée d'études nationale "Bibliothèques au XXIe siècle" à Paris

Journée d'études nationale "Bibliothèques au XXIe siècle" à Paris

Françoise Nyssen et Erik Orsenna ont accueilli plus de 250 bibliothécaires pour la journée nationale d’études « Bibliothèques au XXIe siècle » au centre Pompidou jeudi 21 septembre. L’heure est au rassemblement et au dialogue.

Le tour de France en bibliothèques d’Erik Orsenna, commencé à Rennes le 8 septembre puis dans une dizaine d’autres villes, se poursuivra tout au long de l’année avec d’autres réunions comme celle qui a eu lieu jeudi dernier à la bibliothèque publique d’information. Le prochain débat se déroulera en mars 2018, il s’agira d’établir les résultats recueillis après les premières visites de l’écrivain dans les bibliothèques de France. Compte rendu de ce premier rassemblement.

 


De gauche à droite : Christine Carrier, directrice de la bilbiothèque publique d'information,
Serge Lavignes, directeur du centre Georges Pompidou, Françoise Nyssen, ministre de la culture
et Erik Orsenna, écrivain de l'Académie Française.

 

L’axe principal de cette mission se concentre autour des horaires d’ouverture. Mais le gouvernement entend aussi, par le biais de cette mission confiée à Erik Orsenna, recueillir les doléances des différents acteurs des bibliothèques autour des budgets, des équipements, des événements proposés dans les établissements en partenariat avec les associations, lieux et manifestations culturels présents dans chacune de ses villes. « Il y a 1 000 façons de lire » explique Erik Orsenna, précisant que chaque ville et chaque bibliothèque ne fait pas face aux mêmes contraintes et aux mêmes besoins. « Une bibliothèque c’est une présence », rajoute-t-il, opposant les librairies et les lieux de lectures publiques au géant et désincarné Amazon. 

 

Ouvrir plus et mieux

Au cours de cette journée, les intervenants des différentes tables rondes ont pu faire part de leurs expériences personnelles, soulignant leurs efforts pour aménager ces « bibliothèques au XXIème siècle ». François Cavard, directeur général des services de la ville du Havre, a participé à la construction de la bibliothèque Oscar Niemeyer, sous l’action de la politique de lecture publique d’Edouard Philippe alors maire de la ville. Sur la question de l’ouverture de la bibliothèque le dimanche, il explique que celle-ci a été rendue possible grâce au volontariat et à un effort commun des agents de l’ensemble du réseau de la direction de la lecture publique.

Face à l’hésitation de certains bibliothécaires quant à l’ouverture dominicale, la sénatrice d’Ille-et-Vilaine et auteur d’un rapport sur l’adaptation et l’extension des horaires d’ouverture des bibliothèques publiques, Sylvie Robert, estime que les élus locaux se doivent d’accompagner ces changements : « Il faut être convaincu qu’ouvrir plus et mieux est un vrai progrès, au sens démocratique du terme. »

 

Changer l'image des bibliothèques 

Cet échange entre dirigeants, élus, spécialistes et professionnels a aussi été l’occasion de rappeler le manque de moyens dont pâtissent les bibliothèques publiques. Le personnel des bibliothèques et médiathèques, pourtant confronté à la baisse des emplois, doit faire face à une pression et une exigence de compétences techniques nouvelles. « On n’a pas signé pour ça » est une phrase qui revient sans cesse auprès des directeurs et directrices de bibliothèques qui n’ont malheureusement pas de réponses à apporter à leurs agents.

Interrogés sur leurs attentes de la mission d’Erik Orsenna, les concernés semblent toutefois optimistes. Luc Bachelot, président de l’association « Lire c’est Vivre » qui gère les bibliothèques de la maison d’arrêt de Fleury Mérogis affirme que c’est « une personnalité suffisamment connue pour porter cette parole qui semble pour la première fois soutenue par le pouvoir politique ».  « C’est aussi à nous d’en assurer la promotion sur nos territoires, estime toutefois Amaël Dumoulin, directrice des bibliothèques de Dunkerque. Bien communiquer est un enjeu extrêmement important pour non pas changer les bibliothèques mais changer l’image des bibliothèques parce que les bibliothèques ont déjà beaucoup changé et encore peu de monde le sait. »

 

Alice Chomy et Marie Fouquet