Le Vieil Homme repêché

Le Vieil Homme repêché

Nous avons presque tous lu le texte le plus fameux de l'écrivain américain dans une traduction de Jean Dutourd, vieille de soixante-cinq ans. L'académicien avait ajouté beaucoup trop d'huile, de coquetteries et de gouaille dans Le Vieil Homme et la Mer, alors que l'original est écrit au couteau, joue de la sécheresse et de la répétition. Une toute nouvelle version rend justice à l'âpre combat entre un ancestral pêcheur cubain et un immense marlin.

La littérature étrangère doit être traduite, à l'inverse de la peinture. La musique, qui est pourtant universelle, a quant à elle besoin d'être interprétée. Sans maîtrise de l'anglais on ne peut pas lire dans le texte Ernest Hemingway, et l'on rate donc des subtilités que ses traducteurs amplifient ou négligent, faute d'avoir une sensibilité à l'affût du moindre frémissement littéraire. Un lecteur pur et dur doit faire confiance au traducteur en souhaitant que celui-ci respecte à 100 % l'auteur qu'il traduit. Par exemple, quand Louis Aragon écrit « la douleur du partir », il ne faut pas traduire « la douleur de partir ». Pour ce qui est d'Ernest Hemingway, on ne connaissait qu'une version ...

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