Les écrivains rock

Les écrivains rock

En avril 1954, quand Bill Haley enregistre Rock Around The Clock chez Decca, le rock and roll est à peine plus qu'une curiosité, une nouvelle danse il y a d'ailleurs du proto-rock auparavant, comme Nick Tosches le montre abondamment dans Héros oubliés du rock'n'roll .

C'est quelques mois plus tard, lorsque Elvis Presley entre dans les studios Sun de Sam Phillips, à Memphis, pour des sessions historiques, qu'une nouvelle musique naît.

Dix ans plus tard - symboliquement, quand Bob Dylan «trahit» le folk académique en électrifiant dans tous les sens du terme sa musique, causant un scandale au festival folk de Newport 1965 -, le rock, qui a laissé rouler le roll, est plus qu'une nouvelle musique : c'est une nouvelle culture, et même ce qu'on commence à appeler une contre-culture.

«Chaque génération est une nouvelle nation», a dit Jefferson Thomas, pas l'Airplane. De fait, en 1969, on parlera de la «Woodstock Nation». La décennie suivante sera celle du punk, et la suivante celle du grunge - sans compter nombre de ramifications. Et pendant tout ce temps, le rock ne cessera de générer de l'écriture : celle d'auteurs-compositeurs, devenus stars et cherchant d'autres formes d'expression, au-delà de la chanson ; celle de rock-critiques en qui l'on découvre de vrais écrivains ; celle, enfin, de deux ou trois générations de romanciers dont l'oeuvre, d'une manière ou d'une autre, est traversée par tout le phénomène rock.

Aujourd'hui, rap, techno et musiques électroniques semblent inaugurer une nouvelle ère. C'est peut-être le moment de revenir sur les retombées littéraires de l'aventure rock. Ou de se dire, comme Neil Young dans l'hymne définitif dédié à cette musique : «Rock'n'roll can never die,/ There's more to the picture than meets the eye». Le rock ne peut pas mourir/ Le tableau est plus riche qu'il n'y paraît.