L'ultime révolution d'une pensée

L'ultime révolution d'une pensée

Dans son dernier livre, paru quelques jours avant sa mort, l'essayiste et sémiologue retrace les tiraillements, luttes et déboires des artistes soviétiques, entre 1917 et 1941. Aux côtés de Pasternak, Chostakovitch ou Eisenstein, Malevitch occupe une place de choix. Une méditation sur les rapports entre liberté créatrice et conscience politique, non sans résonance intime pour celui qui a grandi dans l'ancien bloc communiste, en Bulgarie.

Les avant-gardes politiques et artistiques sont des jumelles en perpétuelle bisbille. Pour faire table rase du passé, toutes deux font oeuvre de création et usent peu ou prou des mêmes armes. Les premières entendent éradiquer puis réinventer les paradigmes qui régissent les existences, et les secondes font subir le même sort aux canons esthétiques qui obstruent ou brident la perception du réel. Pour parvenir à leurs fins, les deux font usage de la violence, concrète pour l'une, symbolique pour l'autre, même si cette dichotomie est bancale, tant le symbolique peut volontiers se révéler pousse-au-crime. Disparu le 7 février dernier, le critique et historien des idées Tzvetan Todorov a explo ...

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