La demeure de Colette s'ouvre au public

La demeure de Colette s'ouvre au public

Suite à l'action coordonnée des associations La Maison de Colette et de la Société des amis de Colette, la maison dans laquelle a grandit l’écrivaine ouvrira ses portes le 21 mai, à Saint-Sauveur-en Puisaye (89).

Jusqu'à sa majorité Colette a vécu dans cette petite maison de campagne de Saint-Sauveur-en Puisaye (Yonne). Elle y repassait quelques fois, jusqu'à ce que son arthrite la piège dans son appartement près du Palais Royal. Les passionnés tenaient à récupérer ce bien et à en faire un emblème du souvenir de l'auteure : les dix-huit années écoulées dans cette demeure ont marquée toute son oeuvre.

La maison, qui a vu naître le talent de Colette, apparaît souvent dans ses écrits, de même que le village, rebaptisé Montigny. Sous les atours de son double littéraire, Claudine, Colette raconte les murs couverts de fleurs du village, décrit comment elle s’imprègne de cette nature qui l’a entourée pendant des années dans Claudine à l’école (son premier roman publié en 1900), La Maison de ClaudineSido (ainsi nommé en hommage à sa mère Sidonie), La Naissance du jour, ou encore Ces Dames anciennes (son dernier roman, publié en 1954). Au fil des romans, la plongée dans le souvenir de Colette se fait plus profonde, ses mots approchant de plus en plus la nostalgie de ses premières années, et son intimité.

La peinture était toutefois si précise que grâce aux détails des romans, la Société des amis de Colette a pu réhabiliter chaque pièce de la maison selon les descriptions de l’auteure. La mobilisation de ces passionnés a permis le rachat de la demeure en 2007, et le financement de ses travaux. Il est d'ailleurs encore possible d’aider le projet de l'association ici.

Remise à neuf, mais sous sa forme originelle, l’édifice a reçu le label "maison des illustres", qui la protège au titre de monument historique. Conformément aux volontés de l’association, elle ne deviendra pas un musée mais un lieu de mémoire qui rappellera à la jeune et à l'ancienne générations qui était Colette, quel était son combat, et ce qui l'a inspirée. Pour s’imprégner de ces souvenirs, il faudra prendre son temps, voire même prendre rendez-vous, notamment pour accéder aux archives nichées dans le grenier. «La Maison de Colette se visite comme on tourne les pages d’un livre et j’espère qu’en sortant, les visiteurs auront envie de relire l’œuvre de Colette », souligne Frédéric Maget, directeur de l’association.

Alors que les combles réuniront le fonds le plus important au monde concernant l'écrivaine (des manuscrits, lettres, livres, objets, et même photographies), la bibliothèque du « capitaine Colette » - père de l’auteure- qui a vu naître ses rêves littéraires, sera également reconstituée. La maison abritera aussi des conférences, des lectures, des projections, des ateliers, et des projets éducatifs pour les plus jeunes. Au delà de ces murs, les associations ont également créé deux festivals, Corps en Scène, et les Journées du goût, qui s'ajoutent aux deux existants, Comme ça me chante!, et le Festival International des écrits de femmes. Car tous concernent Colette, passionnée de nature, de cuisine, de musique, et surtout, femme moderne et révoltée.

Rappelons que Colette a été la première femme à qui la France a rendu hommage grâce à des obsèques nationales. Et qu’elle n’a pas toujours été honorée dans son village : en 1925, lorsque la plaque « ici Colette est née » était inaugurée, les habitants attendaient l’auteure avec des pierres. Mais ce n'est qu'une histoire parmi d’autres.

​Amélie Cooper