Rentrée littéraire : les augures de la presse

Rentrée littéraire : les augures de la presse

La rentrée littéraire, grand rendez-vous annuel concomitant à la rentrée scolaire mais exception française, tient en haleine la presse avant même les annonces officielles des sélections des prix littéraires.

Le Goncourt, le Flore, le Renaudot, le Décembre, le Femina, l’Interallié… on ne compte plus le nombre de jurys qui décernent, entre septembre et décembre, des prix à des titres récemment publiés – romans, essais, premiers romans confondus. 

Parmi les 581 romans qui paraîtront lors de cette rentrée, il y a d’abord les incontournables. Pour la vingt-quatrième année consécutive, Amélie Nothomb apparaît dans diverses sélections avec Le Voyage d’hiver (Albin Michel). « Qu’on l’aime ou qu’on la déteste, Amélie Nothomb a du génie », soutient le Figaro, plutôt convaincu par ce dernier roman.

De son côté, le Point a sélectionné vingt titres « dont vous entendrez parler ». Citons par exemple Cette chose étrange en moi, d’Orhan Pamuk (Gallimard), Le Dossier M de Grégoire Bouiller (Flammarion) ou encore La Disparition de Josef Mengele d’Olivier Guez et Souvenirs de la marée basse de Chantal Thomas (Seuil).

Le roman de Chantal Thomas est également loué par Télérama, qui possède son propre prix, celui du roman France Culture-Télérama. Dans sa sélection, on observe aussi Point cardinal de Léonor de Récondo et Les Rameaux noirs de Simon Liberati, ainsi que Innocence d’Eva Ionesco, tous labellisés « On aime passionnément ».

Des livres à ne manquer « sous aucun prétexte », selon un Figaro qui s’en tient aux auteurs vedettes : La Fontaine, une école buissonière d’Erik Orsenna – un feuilleton-portrait de notre fabuliste national – La vengeance du pardon d’Eric-Emmanuel Schmitt ou encore Ils vont tuer Robert Kennedy de Marc Dugain.

Suffisamment rare pour être soulignée : la critique négative. L’Express n’hésite pas à donner en toute franchise « les trois livres qui [les] ont déçus ». Le jour d’avant de Sorj Chalandon, « aurait pu se limiter à un libelle » ; Mercy, Mary, Patty, de Lola Lafon, part d’une « bonne idée », mais gâchée par une « construction alambiquée » : « un kidnapping littéraire raté à force d’afféteries inutiles ». Et enfin La Chambre des époux d’Eric Reinhardt : « un roman répétitif, égotique et vain ». Finissant sur une appréciative, le journal distingue toutefois cinq coups de cœur, qui ne sont pas pour autant des blancs seings. Citons Femme à la mobylette de Jean-Luc Seigle, « un magnifique drame social romantique » ; La Disparition de Josef Mengele d’Olivier Guez, « brillant » ; et le « puissant » Comment vivre en héros de Fabrice Humbert.

Il faut cependant s’attendre à des surprises : il existe un écart entre les comptes rendus et les critiques de la presse et les membres des jurys littéraires. 

R.G.