Spectres de Beyrouth

Spectres de Beyrouth

Souvenirs, les yeux fermés, de la splendide langueur d'une ville plus tard éventrée par la guerre. On rouvre les yeux et on découvre une ville ressuscitée, dont les nombreux chantiers font surgir les vestiges phéniciens, romains et byzantins.

Vue du toit de notre immeuble, la Méditerranée était une ligne grise aux vagues figées. Elle s'étrécissait comme peau de chagrin l'hiver quand les pluies obscurcissaient l'horizon. Nous habitions loin du littoral, un quartier modeste sur les hauteurs de la ville, toutes les rues descendaient vers la mer, où nous n'allions jamais ; la plage réservée aux nantis. Faute d'entendre le roulis des vagues, nous entendions le craquement des os des arbres fouettés par Décembre.

Maisons plantées en plein champ, le quartier d'Achrafieh de cette époque était riche de trois écoles, trois églises, trois cimetières et plus de vingt palais. Construits sur un terrain plat, les palais grandioses érig ...

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