Tu n'as rien vu à Portopalo

Tu n'as rien vu à Portopalo

Agrippé à la pointe sud-est de la Sicile, le village est un lieu sans qualités particulières. Pas de plage, pas de monument. Rien pour nous distraire, en cette extrême limite de l'Europe, de l'aridité nue qu'aborda Énée, si l'on en croit Virgile.

Mon goût des bouts du monde, des « finistères », me poussa un jour jusqu'à la pointe sud-est de la Sicile, là où le triangle qu'elle forme (et qui la faisait appeler « Trinacria » par les Anciens) aboutit, par une de ses trois extrémités, au point de jonction entre deux mers, la Tyrrhénienne, qui regarde l'Afrique, et l'Ionienne, tournée vers la Grèce. Ce cap, dit Passero, au large duquel glissent les blancs navires qui se dirigent vers Malte, est à une heure de route au sud de Syracuse, à une demi-heure de Noto. C'est cette pointe que jadis le prince Énée, lorsqu'il s'enfuyait de Troie conquise par la fourberie des Grecs, doubla avant d'aborder en Italie méridionale et d'y asseoir la lig ...

Réservé aux abonnés au site
Abonnez-vous au site pour lire l'intégralité de cet article.
Déja abonné ? Identifiez-vous