Une autobiographie sous contrainte

Une autobiographie sous contrainte

L'autobiographie est souvent considérée comme un genre de l'aveu ou de la sincérité, et partant affranchi des contraintes sociales ou formelles. Perec le dément brillamment lorsqu'il se confronte à cet exercice et au mur de l'indicible.

Novembre 1968 : au milieu d'une page blanche, Georges Perec écrit : « Il faudrait dire je. Il voudrait dire je. Que ses mots déchirent les pages, tracent leurs sillons noirs dans la vie même, mots brûlants d'une vertu qui ne s'éteindrait jamais. » Il a fini La Disparition. Sur un grand registre il travaille à un nouveau projet de fiction, en panne depuis deux ans, et qui n'aboutira pas, Les Lieux de la trentaine, devenu L'Âge, devenu ces notes hagardes flottant dans le blanc des pages... Jusqu'à ce que, le 26 décembre, six mots déchirent une nouvelle page : « J'émerge. J'existe : je sors. »

Janvier 1969 : il se lance, pour douze ans, dans une entreprise a ...

Réservé aux abonnés au site
Abonnez-vous au site pour lire l'intégralité de cet article.
Déja abonné ? Identifiez-vous